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Le sommet climatique COP30 au Brésil s'est terminé dans une impasse alors que l'Union européenne a refusé d'accepter un projet d'accord qu'elle estimait insuffisant pour faire avancer les efforts mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'événement de deux semaines, tenu à Belém au cœur de l'Amazonie, devait se conclure vendredi soir, mais s'est prolongé tard dans la nuit en raison de négociations intenses. Le Brésil a présenté ce sommet comme un tournant crucial pour la coopération climatique internationale, exhortant les pays à surmonter leurs divisions sur des questions controversées telles que le rôle des combustibles fossiles et le financement climatique. Le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a lancé un appel aux délégués, soulignant la nécessité d'unité et d'un accord collectif pour envoyer un message fort sur l'action mondiale contre le changement climatique.\n\nLes tensions ont éclaté entre les économies émergentes et l'UE, les pays en développement pressant le bloc de s'engager à fournir davantage de fonds pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter aux impacts climatiques. Un négociateur anonyme du monde en développement a souligné la nécessité de voies équilibrées : si les combustibles fossiles restent un sujet de discussion, alors un financement climatique accru doit également être envisagé. Le sommet a révélé de profondes fractures sur la manière d'aborder les combustibles fossiles, d'accélérer les réductions d'émissions de CO2 et de fournir un soutien financier. Le projet d'accord, publié tôt vendredi, omettait notamment toute mention des combustibles fossiles, alors que les versions antérieures contenaient plusieurs options sur ce sujet. Ce changement est intervenu après l'opposition de nombreux pays, y compris des grands exportateurs de pétrole et de gaz.\n\nPlus tôt dans le sommet, environ 80 gouvernements avaient exigé un plan clair pour éliminer progressivement les combustibles fossiles, mais lors des sessions de clôture, beaucoup semblaient prêts à accepter le projet même sans aucune mention des combustibles fossiles. La combustion des combustibles fossiles reste la principale source d'émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, un point souligné par le rejet ferme du projet par l'UE. Le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, a déclaré que le bloc n'accepterait pas l'accord en l'état, insistant sur le fait que tout engagement financier envers les pays en développement ne serait envisagé que si les mesures de réduction des émissions étaient renforcées. Certains négociateurs de l'UE ont même laissé entendre la possibilité de quitter les négociations plutôt que d'accepter un accord faible.\n\nPendant ce temps, les négociateurs brésiliens ont indiqué qu'il était peu probable que le langage sur les combustibles fossiles soit réintégré et ont suggéré que seules des modifications mineures du texte existant étaient attendues. Une alternative explorée était un accord parallèle distinct sur les combustibles fossiles, auquel les pays pourraient adhérer volontairement sans nécessiter le consensus de l'ensemble des membres de la COP. Cependant, cette approche comportait ses propres complications. Le Groupe arabe, composé de 22 pays dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, a déclaré ses secteurs énergétiques hors limites pour les négociations. L'Arabie saoudite a averti que toute attaque contre ses industries énergétiques pourrait faire échouer l'ensemble du sommet, signalant les enjeux élevés de ces discussions.\n\nLe projet appelait également à tripler le financement mondial pour aider les pays à s'adapter au changement climatique d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2025. Mais il manquait de clarté sur la provenance de ces fonds — qu'ils proviennent directement des pays riches, des banques de développement ou du secteur privé. Parvenir à un consensus parmi près de 200 pays reste un défi immense. Le président Corrêa do Lago a souligné l'importance d'envoyer un signal multilatéral uni, surtout en l'absence des États-Unis à la COP30 dans un contexte de scepticisme climatique de l'administration Trump. « Le monde regarde », a-t-il rappelé aux délégués, soulignant l'attention mondiale portée aux enjeux et aux résultats de ces négociations cruciales.